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Dans les élégantes dépendances d’un château du XVIIe siècle, vivez une expérience mêlant confort, sérénité et patrimoine

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Dans les élégantes dépendances d’un château du XVIIe siècle, vivez une expérience mêlant confort, sérénité et patrimoine
Né d’un nom dont l’origine se perd dans les brumes du temps, le domaine des Gaschetières traverse les siècles avec la grâce discrète des lieux chargés d’âme. Depuis la mention d’un seigneur en 1599 jusqu’aux grandes heures du XVIIe siècle, il incarne l’art de vivre d’une noblesse entre tradition et magnificence. Reconfiguré avec élégance par Guillaume Cornuel, homme d’influence et mécène, puis transformé au XIXe siècle par la famille Fricon, le château prend sa forme actuelle sous le regard d’architectes inspirés. Ce joyau solognot, autonome avant l’heure grâce à des prouesses techniques étonnantes – hydraulique, éolienne, serres – raconte aussi la modernité discrète de ceux qui l’ont habité.
Mais l’histoire ne l’a pas épargné. Réquisition, occupation, pillages : la Seconde Guerre mondiale marque une profonde blessure, vite pansée par un acte de générosité – accueillir des enfants en colonie de vacances – qui sauve le lieu d’un saccage plus grand. Et quand la paix revient, la renaissance commence. Restauré avec passion, le domaine retrouve son éclat : gîtes accueillants, toiture repensée, ferme reconvertie en havre biodynamique. Aujourd’hui encore, les Gaschetières murmurent leur histoire à qui sait l’écouter, témoins d’un passé vivant et d’un présent réenchanté.
Retrouvez idées d’activités, coups de cœur locaux, à découvrir autour du domaine. 🌳🏰🍇
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Au fil des siècles, le domaine des Gaschetières s’est façonné comme un témoin silencieux de l’histoire, ancré dans les terres solognotes, chargé de mystère et de mémoire. L’origine même de son nom demeure obscure, échappant aux certitudes des historiens. Dans de vieux documents, parfois à peine lisibles, il apparaît sous une forme étrange : "Gaschtiven". En 1599, l’on trouve mention d’un seigneur de Monçay les Gaschetières, preuve que le lieu, déjà à cette époque, possédait une identité bien établie.
À l’aube du XVIIe siècle, le domaine semble déjà fonctionner comme une unité autonome, vivant sous la houlette d’un intendant. Les propriétaires d’alors, nobles ou puissants bourgeois, menaient une vie itinérante entre leurs multiples résidences, emportant avec eux meubles, tapisseries, argenterie et une armée de domestiques. Le château, ceint de douves, s’organisait autour de ses jardins, ses communs, sa grange et ses dépendances, formant un ensemble clos et ordonné, dont le plan initial, étonnamment, a traversé les siècles.
En 1635, le domaine entre dans une phase de renouveau lorsqu’il est transmis à Guillaume Cornuel, gendre de Claude Galmet et époux d’Anne Bigot, l’une des figures des salons précieux de l’époque. Trésorier de l'extraordinaire des guerres dès 1628, homme de finances et d’affaires, Cornuel entreprend la reconstruction du château entre 1643 et 1645, comme l’atteste une analyse dendrochronologique récente. Il y ajoute deux pavillons : l’un servant de chapelle, dédié à la Vierge et à Sainte Anne, l’autre destiné à l’habitation, formant un équilibre architectural typique de cette période classique.
Les Gaschetières resteront dans la lignée des Cornuel jusqu’en 1730, date à laquelle le domaine est acquis par Thoynard de Jouy, fermier général. La famille conserve la propriété jusqu’au début du XIXe siècle. En 1836, la famille Fricon, nouvellement propriétaire, entreprend une vaste campagne de transformation. Sous l’impulsion des architectes Benjamin Ricard d’Orléans et Louis Parent de Paris, le château acquiert l’apparence qu’on lui connaît aujourd’hui. On y construit un escalier imposant, une serre chaude en 1867, et l’on modernise les lieux avec le concours d’artisans locaux réputés, tel que les frères Charpentier, maîtres dans l’art des serres de jardin.
Mais le domaine ne se distingue pas seulement par son architecture. Bien avant l’ère moderne, il disposait d’une ingénieuse distribution d’eau courante. Une source, captée dans un réservoir en hauteur, alimentait un antique bélier hydraulique, qui propulsait l’eau sur plus de deux cents mètres vers d’imposantes cuves. De là, elle desservait tout le domaine, aussi bien pour les habitants que pour les animaux. Ces installations, avant-gardistes pour l’époque, témoignent de la volonté de faire des Gaschetières un lieu à la fois autonome et raffiné. L’électricité, d’abord fournie par une éolienne capricieuse, fut ensuite assurée par une pompe électrifiée dans les années 1930. Les pannes fréquentes rappelaient que le progrès, ici, avançait à son propre rythme.
La Seconde Guerre mondiale bouleverse cette harmonie. En mai 1940, le château est réquisitionné par l’Armée de l’air française, puis occupé par les troupes allemandes jusqu’en 1942. Le lieu subit alors un quasi-pillage. Un membre de la famille, dans un geste de sauvegarde, propose le château au diocèse d’Orléans pour y organiser des colonies de vacances. Ainsi, nombre d’enfants, réfugiés ou originaires d’Orléans, trouvent dans ces murs une parenthèse d’innocence. Des indices laissent supposer que la Résistance n’était pas loin : des tracts venus de Londres, à demi calcinés, retrouvés dans une cheminée, nourrissent cette hypothèse, sans qu’elle puisse être confirmée. Le paysage alentour, fait de landes boisées, de chemins oubliés et de silence méfiant, offrait un abri naturel à ceux qui fuyaient l’occupant. Non loin de là, dans un château voisin, le colonel Brouillard (Pierre Nord), Sylvia Monfort et Bernard Clavel avaient trouvé refuge. Plus à l’est, le maquis de Lorris s’enracinait dans la forêt d’Orléans.
À la fin de la guerre, le domaine, abîmé mais debout, connaît une nouvelle renaissance. Les parents des actuels héritiers y consacrent leur énergie, leur passion, et leur foi en l’avenir. Ils réhabilitent une partie du château, créent deux gîtes, rénovent la toiture et simplifient la ligne générale en supprimant les chiens-assis centraux, tout en consolidant les cheminées. La ferme, quant à elle, passe aux mains d’un des enfants qui la transforme en exploitation biodynamique, emblème d’un retour à la terre éclairé, et y élève un cheptel de moutons Solognots, robustes et fiers comme l’histoire qu’ils prolongent.
Ainsi vivent encore les Gaschetières, portées par le souffle de ceux qui les ont aimées et transmises. Ce lieu exceptionnel, entre histoire, mémoire et renouveau, continue de faire entendre son murmure au cœur de la Sologne.